15.10.12

LES IMPRESSIONS DE CATHERINE APRES SON SÉJOUR CHEZ LEA CET ÉTÉ 2012

Permettez-moi de vous faire partager ce conte espagnol qui résume si bien la mentalité africaine. Vous, amis Français, aurez peut-être plus de mal à le croire si vous n'avez jamais eu la chance de découvrir l'Afrique, tandis que vous, amis Togolais, trouverez ce conte tellement évident. 

En tout cas le conte en lui-même et la réaction qu'il provoque en nous illustrent bien une des différences fondamentales entre les pays riches et les pays pauvres : égoïsme et individualisme contre collectivisme et solidarité. Impossible de faire une tâche seule sous les yeux de Togolais :) Juste un exemple mais j'en ai vécu beaucoup : les enfants chez Léa qui me surprenaient en train de faire ma lessive se joignaient immédiatement à moi pour m'aider (et même Blandine, 3 ans, était plus efficace que moi avec son courage, sa persévérance et ses petites mains agiles ! Nous, les occidentaux, nous  ne savons plus que nous servir de notre index pour appuyer sur le bouton de la machine à laver... quand nous ne payons pas quelqu'un pour le faire à notre place. On ne sait jamais, une entorse du doigt est si vite arrivée ;) J ai donc dû me cacher pour nettoyer ma chambre et leur épargner ce travail. Même si je savais qu'ils l'auraient fait de bon coeur, ça m'aurait mise mal à l aise. Nous ne sommes pas habitués à cela dans nos pays. Et quel dommage..!

Je le savais déjà, comme vous tous j'imagine, mais ce fut tout de même ce qui me frappa le plus lors de mon formidable séjour au Togo, l'été dernier. Avant de redescendre 3 semaines à Adeta pour un chantier humanitaire éducatif avec l ONG FAGAD, j ai eu le bonheur de passer 1 semaine chez LEA :

1 semaine au "paradis du coeur", comme me l'avait annoncé notre président, (Olivier, pas François...) et je confirme, comme tous ceux qui ont eu ce même bonheur. Il y a vraiment quelque chose de magique à l intérieur de ces murs. Premiers pas dans la cours, premiers regards échangés, discussions amorcées, et on est sitôt envahi d'une vague de tendresse et de joie, dégagée par l'accueil chaleureux et la bonne humeur qui y règne. Après un voyage fatigant, sur des routes pitoyables dans un car qui vous conduit à bon port si vous avez de la chance seulement, ce qui ne fut pas mon cas : Bienvenue au monde des Bisounours sur l'Arche de Noé !

Ces enfants qui n'ont rien, au milieu des coqs, des poules, des chèvres, des chiens et des chiots, vous donnent ce qu'ils ont de plus beau : leur sourire.

Et Léa, qui n'a pas une minute à elle, vous donne ce qu'elle a de plus rare: son temps.

 Et s'il existait des "traders du coeur" ( à part la rime, termes a priori bien contradictoires, je le concède), c'est sans nul doute là-bas qu'ils vous conseilleraient "d'investir", car tout ce que vous donnez vous est rendu au quintuple.

Et après avoir eu l immense bonheur de partager des moments de vie inoubliables avec ces enfants et les adultes qui les entourent et font un travail remarquable, (Léa bien-sûr mais aussi sa maman, Sondou, Adeline, et d'ici, les gens de l'association) vous rentrez en France le coeur rempli (et non débordant car, quand c est trop bon, on n en a jamais assez !) le coeur rempli donc de tout ce qu'on vous a donné là-bas et que vous avez parfois peine à trouver en France, où chacun est bien plus préoccupé par son nombril, sa réussite individuelle, et le retard de livraison de son dernier I.padpodprout.

Je n'idéalise pas l'Afrique pour dénigrer la France. Je reste consciente que la vie est difficile là-bas, que c'est loin d'être un paradis, que ceux qui oeuvrent pour aider le peuple peuvent se décourager parfois devant l'étendue de la tâche. Je sais aussi que même s'il nous arrive d'avoir de bonnes raisons de critiquer notre pays, nous devons nous estimer chanceux si l'on compare nos conditions de vie, nos droits et nos devoirs avec les leurs. Cependant, on peut s'interroger : si nous sommes si chanceux, pourquoi moins de sourires et de joie de vivre que là-bas ? plus de gens dépressifs et seuls ici ? Je ne peux m'empêcher de penser que nous payons cher ce soit disant "développement" de notre pays, qu'en développant le modernisme et le consumérisme, on a créé du même coup des besoins, et inévitablement des injustices et des frustrations, qu'en regardant trop à l'ouest, on a perdu des valeurs sures, primaires et primordiales, comme celles qu'illustre ce conte, et qu'il est, entre autre, si bon de retrouver, l'espace d'un séjour que le "temps dresse" au paradis du coeur.

Mère Térésa disait : "Nous réalisons que ce que nous accomplissons n'est qu'une goutte dans l océan. Mais si cette goutte n'existait pas dans l'océan, elle manquerait."
 Je rajouterai pour terminer que :
 Lorsqu'on voit les sourires et les regards pétillants
Des "23 gouttes d'eau" qui brillent sous le soleil que représente pour eux Léa, leur maman,
Gouttes d'eau qui nous réchauffent le coeur
Et nous inondent de bonheur,
On ne peut que se réjouir d'avoir à notre tour, et à notre toute petite échelle,
Apporté une touche de couleur à ce formidable arc-en-ciel
(Qu'à nous tous nous formons.)
 CATHERINE.
CUENTO DE LUZ

Un antropólogo propuso un juego a los niños de una tribu africana. UN ANTHROPOLOGUE PROPOSA UN JEU A DES ENFANTS DS UNE TRIBUE AFRICAINE.Puso una canasta llena de frutas cerca de un árbol y le dijo a los niños que aquel que llegara primero ganaría todas las frutas. IL DEPOSA UN PANIER PLEIN DE FRUITS VERS UN ARBRE ET DIT AUX ENFANTS QUE CELUI QUI ARRIVERAIT LE PREMIER A L ARBRE GAGNERAIT TOUS LES FRUITS.
Cuando dio la señal para que corrieran, todos los niños se tomaron de las manos y corrieron juntos, después se sentaron juntos a disfrutar del premio. QD IL DONNA LE SIGNAL DE DEPART, TOUS LES ENFANTS SE DONNERENT LA MAIN ET COURURENT ENSEMBLE, ENSUITE ILS S ASSIRENT ENSEMBLE POUR PROFITER DE LEUR PRIX.
Cuando él les preguntó por qué habían corrido así, si uno solo podía ganar todas las frutas, le respondieron: UBUNTU, ¿cómo uno de nosotros podría estar feliz si todos los demás están tristes? QD IL LEUR DEMANDA POURQUOI  ILS AVAIENT COURU AINSI QD UN SEUL POUVAIT GAGNER TOUS LES FRUITS, ILS REPONDIRENT  : UBUNTU. COMMENT UN SEUL D ENTRE NOUS POURRAIT IL ETRE HEUREUX SI TOUS LES AUTRES SONT TRISTES ?
UBUNTU, en la cultura Xhosa significa: "Yo soy porque nosotros somos". UBUNTU DS LA CULTURE XHOSA SIGNIFIE : JE SUIS PARCE QUE NOUS SOMMES.


1.10.12



LES VACANCES 2012   CHEZ LEA


            Chez Léa, les vacances se succèdent mais ne se ressemblent pas. Celles qui tirent à leur fin ont été très particulières. L’année scolaire avait été aussi particulière. En effet, Bernadette en compagnie de ses frères et sœurs avaient passé les six derniers mois de leur année scolaire avec Laurence CHOPARD qui elle, n’allait à l’école en tant qu’élève mais en tant qu’enseignante. Originaire de la Franche-Comté, Laurence avait choisi Kara pour faire un stage humanitaire de six mois. Durant les quatre premiers mois, elle a aidé au jardin d’enfants où allaient les deux dernières de la famille Léa (Germaine et Blandine). L’école terminée, Laurence a passé les derniers mois de son séjour à la maison avec les enfants ou parfois avec Léa dans ses réunions de travail. Elle a aussi au cours de cette période suivi une formation des directrices de jardin d’enfants qui avait duré quatre jours. La particularité des vacances dont nous parlions est qu’au mois de juillet, Léa a présenté des lutteuses blanches sur les terrains de lutte des évala. La lutte évala est une fête initiatique réservée aux jeunes garçons kabyè pour leur apprendre l’endurance et la bravoure, et surtout leur permettre de passer de la classe des adolescents à la classe des adultes. C’est une fête qui attire un grand monde de visiteurs blancs mais qui d’habitude sont de simples spectateurs. Cette année, ce n’était pas le cas pour Laurence, Emma, Marion, Aurélia et Lisa les lutteuses de Léa. Le début des luttes évala est marqué par la danse des initiés  sur une grande place publique. Léa et ses initiées avaient choisi Lassa pour faire leur démonstration. Malheureusement, Léa n’avait pas pu leur acheter des chiens parce qu’il n’y avait que des maigrichons.  Au cours de la danse, les jeunes profitent pour observer leurs prochains adversaires. Les lutteuses arrivées de  France avaient elles aussi fixé le leur. Elles avaient un adversaire commun. Il était de grande taille et très gros. Son nom est “Tchoucoutou“. Lisa avait toujours peur de ce jeune et n’osait même pas l’approcher. Elle avait tellement peur qu’elle rentrait parfois avant ses amies qui attendaient la fin des confrontations. Laurence qui a pendant cinq mois appris les différentes techniques de lutte, surtout contre le grand Tchoucoutou qui passe sur tous les terrains, était la meilleure des cinq. Courageuse et très technique, elle terrassait sans grandes difficultés Tchoucoutou. Pour le minimiser, elle le piétinait et le transformait en calebasses vides. Voilà d’une façon ramassée, l’ambiance dans laquelle les enfants de Léa ont passé leurs vacances 2012. Ils ont beaucoup travaillé à l’école et c’est le lieu de reconnaitre le travail très remarquable accompli par Laurence pour la réussite de ces enfants. Même si nous déplorons tous l’échec de Bernadette au BAC, 2011-2012 a été une année scolaire très bonne chez Léa. C’est aussi l’occasion de dire merci à tous les répétiteurs, aux parrains et marraines, à la vieille, à Adeline et Marie et surtout à Léa pour la bonne foi qu’ils mettent au service de la réussite de ces futurs responsables. La rentrée 2012-2013, c’est dans une semaine. Léa aura une candidate au bac, trois au probatoire, un en 3ème, quatre en 4ème, deux en 5ème, deux en 6ème, quatre au CM1, deux au CE2, deux au CE1 et deux au jardin. Comme on le dit souvent, le jour de la rentrée est aussi le dernier jour de l’année. Alors qui veut réussir doit se mettre au travail dès le premier jour. Tout le monde doit accomplir sa mission avec responsabilité et surtout avec foi. Aux enseignants, nous souhaitons beaucoup de courage. Au gouvernement, nous disons merci malgré son carton jaune pour tout ce qu’il fait pour l’éducation au Togo. Ce n’est pas encore le meilleur résultat. Les enseignants doivent être bien traités par le versement régulier de leurs salaires et primes. Chers élèvent, ne vous souciez pas de vos corps. Habituez-vous aux difficultés de la vie. Comme un prêtre ou un soldat, négligez le confort. N’ayez de cœur qu’à l’étude. Nous donnons déjà un carton rouge aux élèves bandits et paresseux et aux enseignants qui abusent de leurs élèves. Voyez-vous, « il n’est pas facile de devenir quelqu’un. Il faut du courage, de l’abnégation. Il faut le sacrifice de soi-même ». Car, le travail et après le travail, l’indépendance.

Sondou du Togo